Malchout

Une architecture cosmique, entièrement juste, et pas encore un lieu où quelqu'un vit.

Le but de l'architecture n'a jamais été l'architecture. C'était une table où l'on pût s'asseoir.

וְעָשׂוּ לִי מִקְדָּשׁ וְשָׁכַנְתִּי בְּתוֹכָם

« Ils Me feront un sanctuaire, et Je demeurerai parmi eux » (Exode 25, 8).

Acte IV — La DemeureSection 24 sur 74

La maison, le plus petit royaume complet

Le matériau Hava Kadmona fait sans cesse atterrir sa cosmologie dans la maison. Il identifie l'akeret habayit comme un analogue fonctionnel de Malchout : ce qui entre dans un foyer est reçu, rassemblé et tissé en demeure, de sorte que la cosmologie ne s'achève pas dans l'abstraction mais dans un espace vécu.

Cette image mérite d'être prise au sérieux bien au-delà de tout stéréotype domestique étroit.

Une maison est l'une des plus étranges créations humaines.

L'argent entre comme salaire et devient loyer, nourriture, meubles, frais de scolarité, bougies de Chabbat.

Des ingrédients entrent et deviennent des repas.

Des personnes entrent, portant humeurs, blessures, espoirs, angoisses et histoires.

Des mots entrent et changent le climat affectif.

Les objets accumulent de la mémoire.

Les enfants sont formés non seulement par l'instruction mais par l'atmosphère.

Une maison est une architecture.

Un foyer est un métabolisme.

Cette distinction est Malchout.

Les murs ne produisent pas d'eux-mêmes l'appartenance.

Le mobilier ne produit pas la paix.

Une mezouza est posée sur le montant, mais les habitants doivent encore bâtir une vie digne du montant.

Le texte Hava Kadmona appelle cela le mouvement de l'architecture cosmique vers un unique foyer, un mikdach me'at, un sanctuaire en miniature.

C'est peut-être l'une des intuitions les plus importantes, dans tout ce cadre, pour une conscience de Machiah.

La rédemption ne se prouve pas d'abord par la grandeur avec laquelle nous savons parler du changement cosmique.

Elle se prouve par le genre de place que nous savons faire à un autre.

La table peut-elle porter le désaccord sans humiliation ?

Un enfant peut-il se tromper sans perdre son appartenance ?

Un époux ou une épouse peut-il être vulnérable sans que cette vulnérabilité devienne une arme ?

La nourriture peut-elle devenir gratitude ?

L'argent peut-il devenir tsedaka ?

La Torah peut-elle devenir atmosphère ?

Le silence peut-il devenir sécurité plutôt que punition ?

Chabbat peut-il se sentir dans les murs ?

Voilà Malchout.

Un trône s'élevant du dedans.